CCT Santé 21: Les mensonges de la droite

Illustration : Sophie Gagnebin

Dans la dernière ligne droite de campagne, la droite multiplie les arguments douteux. Pour mettre en échec le dumping salarial, votons 2 X NON le 26 novembre !

Fin octobre, des affiches honteuses émanant du PLR et de l'UDC ont fleuri dans le canton, mettant en scène des salariés « cuisinière, pas infirmière » - « jardinier, pas infirmier », et j'en passe.

Prise en charge globale. La droite l’a bien compris, ces corps de métiers n'ont pas la même fonction. Pourtant, leur collaboration vise bien une prise en charge globale du patient, qui bénéficie jusqu'à présent de l'interdisciplinarité des employés du secteur.

Nos adversaires devraient lire les textes de ladite CCT. Ils s'apercevraient qu'ils n'ont rien inventé, et que la distinction existe déjà d'un point de vue salarial. Seules les dispositions telles que les vacances, jours fériés, congé paternité, etc. y sont harmonisées. C'est d'ailleurs là que se joue toute l'attractivité de la CCT Santé 21: ces éléments pallient au niveau des salaires, qui se situe bien en dessous des cantons voisins.

Mensonges à gogo. Sur la pente glissante du populisme, le PLR et l'UDC affichaient noir sur blanc que la CCT Santé 21 serait la cause de l'augmentation des primes d'assurance maladie. Drôle d'argument avancé par les partis les plus étroitement liés au lobby des assureurs.

Depuis 1996, les primes ont bien augmenté de 159%, dans toute la Suisse. Or la CCT Santé 21, de portée cantonale, n'est entrée en vigueur qu'en 2004. Les employeurs ont d'ailleurs fermement démenti cette pensée magique: les assurances ne leur versent que le montant correspondant aux prestations prodiguées aux bénéficiaires de soins. Bizarrement, ce slogan a depuis disparu des bannières des partis en question.

Dumping de droite. Les porte-paroles du 2 X OUI se défendent de vouloir dégrader les conditions de travail, encore moins les salaires. M. Lebeau, député PLR, a certainement oublié ce plan de communication au vu de ses interventions, notamment lors d’un récent débat où il s'est insurgé qu'un jardinier en EMS soit mieux payé qu'un autre jardinier. Dans un canton frontalier comme Neuchâtel, cette dégradation s'appelle véritablement « dumping Salarial ». Ironie du sort, l'UDC s'est battu corps et âme pour son initiative « Les nôtres avant les autres »…

Incapables de projeter les soi-disant économies que ces modifications de lois amèneraient, les partis de droite n'ont pas non plus intégré qu'une CCT, quelle qu'elle soit, implique des frais de gestion.

Qu'en sera-t-il avec deux CCT ? Les ressources humaines se disent incapables d'attribuer l'une ou l'autre convention à leurs collaborateurs pluridisciplinaires avec les ressources dont elles disposent aujourd'hui.

Durant cette campagne, nous avons dénombré plus d'arguments mensongers qu'il n'existe de jardiniers soumis à la convention. À tel point que la Commission faîtière a dû sortir de sa réserve pour rétablir la vérité. Deux fois NON le 26 novembre !


Léa Ziegler. Secrétaire SSP. Région Neuchâtel