Près de 4000 signatures pour dire NON à l’augmentation des effectifs dans les classes

de: SSP- Région Neuchâtel et SAEN

La pétition lancée par les syndicats d'enseignants a été déposée ce mercredi.

En à peine une semaine, les syndicats d’enseignants neuchâtelois – SSP-RN section enseignement et SAEN –, soutenus par la Fédération des associations de parents d’élèves Neuchâtel (FAPEN), ont récolté près de 4000 signatures pour dire NON à l’augmentation des effectifs dans les classes des cycles 1 et 2, mesure qui dégraderait durablement l’encadrement des élèves, la qualité de l’enseignement ainsi que les conditions de travail des enseignants. Au vu des délais très courts que les syndicats ont été contraints de s’imposer, il s’agit d’un très bon résultat. Il s’agit aussi d’un avertissement pour le Conseil d’Etat, ainsi que pour les partis de droite qui soutiennent cette mesure et souhaiteraient même l’introduire une année plus tôt, dès la rentrée d’août 2018.

En effet, dans le cadre du plan financier de son programme de législature, le Conseil d’Etat veut augmenter les effectifs d’un élève en moyenne par classe aux cycles 1 et 2 dès la rentrée d’août 2019. Il apparaît que les partis de droite veulent aller encore plus loin et imposer cette mesure dès la rentrée d’août 2018. Dans le cadre de l’examen du budget 2018 de l’Etat, un amendement dans ce sens a été déposé par le PLR en commission financière. Si celle-ci la refusé, l’amendement n’a pas été retiré, ce qui signifie qu’il sera voté en plénum lors de la session du 19 décembre consacrée au budget (sauf si le PLR décide de le retirer en cours de débat).

Le risque de voir l’augmentation des effectifs entrer en vigueur dès la rentrée d’août 2018 est donc important. D’où la nécessité pour les syndicats d’enseignants de se mobiliser dans l’urgence pour combattre une coupe budgétaire inacceptable.

Lors de la rencontre entre le Département de l’éducation et de la famille (DEF) et les syndicats d’enseignants du 11 décembre dernier, la cheffe du DEF s’est montrée ouverte à chercher avec les syndicats des alternatives à cette mesure que les enseignants considèrent comme un coup de poignard dans le dos. Ainsi, l’introduction de cette mesure en août 2018 déjà empêcherait toute discussion et négociation dans ce sens.

Pour rappel, après les grèves des enseignants de l’automne dernier contre l’introduction de la nouvelle grille salariale et, de manière plus générale, contre la dégradation de leurs conditions de travail, la cheffe du DEF s’était engagée à préserver et même à améliorer ces dernières. Des groupes de travail ont été créés pour plancher sur la réduction des tâches administratives et l’épuisement professionnel. A quoi servent-ils ? Sont-ils des alibis ? Le Conseil d’Etat souhaite-t-il à nouveau déterrer la hache de guerre ?

Rappel des raisons pour lesquelles nous nous opposons fermement à l’augmentation des effectifs dans les classes des cycles 1 et 2 :

En proposant une telle mesure, le Conseil d’Etat et certains milieux politiques ignorent le défi imposé à l’école du 21e siècle de former des jeunes capables de s’insérer dans un monde professionnel toujours plus compétitif. Ils font abstraction du fait que les classes sont composées d’élèves venant d’horizons de plus en plus variés. Ils oublient l’explosion du nombre d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers, qui exigent une attention spécifique et un enseignement adapté. Ils ignorent que les classes intègrent des élèves en situation de handicap physique et/ou mental. Et ils font fi du fait que les salles de classe sont souvent trop petites et ne respectent déjà pas toujours les normes fédérales.

Si cette mesure est appliquée, davantage de classes encore compteront plus de 25 élèves. Avec de gros effectifs, l’enseignement basé sur la différenciation devient mission impossible. Et comme toujours, ce sont les élèves rencontrant le plus de difficultés qui en paient le prix fort !

Par ailleurs, par cette mesure, le Conseil d’Etat et certains milieux politiques envisagent une nouvelle fois de dégrader les conditions de travail des enseignants. Les enseignants neuchâtelois sont pourtant parmi ceux dont la santé est la plus atteinte (cf. l’Enquête sur la santé des enseignants romands du Syndicat des enseignants romands). Quant au nombre d’absences de longue durée, il a augmenté de plus de 80 % ces dernières années (cf. l’enquête de 2014 du Département de l’éducation et de la famille). De plus, les enseignants neuchâtelois sont soumis aux indices horaires parmi les plus lourds. Ils sont aussi les plus mal payés de Suisse romande, ce qui fait de l’école neuchâteloise l’une des moins chères de Suisse (cf. l’étude BAK Basel commandée par l’Etat de Neuchâtel).

Ajouter un élève par classe en moyenne à l’école primaire reviendra à fermer un nombre important de classes (environ 35) et à supprimer encore davantage d’emplois.

Quant aux classes qui sont encore maintenues dans les petites localités, elles risquent de disparaître. Les élèves seront alors déplacés dans les villes ou villages voisins, avec les contraintes organisationnelles que cela impliquera pour les familles.

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