Communiqué de presse du 17.05.2018 - Réforme des institutions de l'enfance et de la jeunesse

Mercredi 16 mai, lors de l'assemblée extraordinaire organisée par le SSP, les professionnels de l'enfance ont pu dire leurs craintes sur la réforme "Modernisation de la protection de l’enfance et de la jeunesse", annoncée par l'Etat de Neuchâtel.

Le SSP communique

Lors de l’assemblée extraordinaire du secteur social le 16 mai, une cinquantaine de professionnels du terrain se sont réunis pour débattre de la réforme « Modernisation de la protection de l’enfance et de la jeunesse». Le Conseil d’Etat prévoit la fermeture de 50 places en foyers d’accueil pour enfants et adolescents, la recherche de 55 familles d’accueil et le développement du suivi en ambulatoire (au sein des familles biologiques).

Les membres de l’assemblée, composée d’éducateurs, d’assistants sociaux, de psychologues, d’assistants socio-éducatifs (ASE), etc., ont fait part de leur grande inquiétude vis-à-vis de cette réforme qui leur semble irréaliste sans péjorer la prise en charge des enfants les plus fragilisés de notre canton.

Ils déplorent la méthode, la communication extrêmement opaque du Conseil d’Etat et de certains conseils de fondation, l’absence totale de consultation du personnel, un calendrier illusoire et surtout une motivation strictement financière.

Si le personnel se montre ouvert à l’instauration d’un système de familles d’accueil, il dénonce la volonté du Conseil d’Etat de remplacer une prise en charge professionnelle par un encadrement non qualifié. Selon les employés, ces deux types d’accompagnement devraient être complémentaires et ne pas s’opposer. En effet, s’il peut être souhaitable, dans certaines situations, de placer un enfant en famille d’accueil ou d’effectuer un suivi en ambulatoire, le placement en foyer doit rester majoritaire pour répondre aux besoins de ces mineurs. D’autant que le nombre de lits en institutions ne répond pas aux besoins actuels.

La création de 55 familles d’accueil d’ici 2022 semble utopique. A ce jour, seules 10 familles d’accueil existent dans le canton et plusieurs renoncements ont déjà eu lieu. La crainte des collaborateurs est que les critères de sélection des familles ne soient pas appliqués de manière stricte afin de répondre aux objectifs quantitatifs de la réforme. La mise en place de familles d’accueil nécessite un accompagnement spécifique qui génère des coûts. Il est regrettable que nos autorités mettent en place un tel changement de paradigme dans un délai si court, alors qu’au minimum une décennie serait nécessaire.

Les membres de l’assemblée ont à coeur le maintien de prestations de qualité pour leurs bénéficiaires. Ils déplorent que cette réforme déprofessionnalise un secteur à besoins très spécifiques. Ils remettent aussi en cause un calendrier ne permettant pas une transition acceptable entre le stationnaire et l’ambulatoire.

A l’issu de cette assemblée, une résolution (ci-dessous) a été votée et un groupe de travail a été formé afin de suivre le dossier de près.