Les syndicats rejettent en bloc le projet de grilles salariales harmonisées pour l’administration et les enseignants qui leur a été proposé, pour les raisons suivantes :
§ Le projet de nouvelle grille salariale réduit le salaire de carrière des enseignants, alors que ceux-ci sont déjà actuellement en queue de peloton en comparaison intercantonale et que les enseignants des cycles 1 et 2 attendent depuis plus de 30 ans que les exigences accrues de leur formation soient prises en compte.
§ Pour le reste de la fonction publique (administration, police, etc.), les perspectives salariales des basses classes se voient rabotées alors que ceux des hautes classes sont améliorées.
Négociation bidon. Les syndicats dénoncent également le simulacre de négociations, dont le Conseil d’état se sert pour gagner du temps face à un rejet syndical qu’il sait inévitable. Alors que, début 2016, le Conseil d’état laissait entendre que les discussions pouvaient repartir sur de nouvelles bases avec la mise sur pied d’un groupe «élaboration», en mars il a rejeté sans contre-proposition l’ensemble des propositions faites par les syndicats. En revenant au projet initial refusé par ces derniers en fin d’année 2015, le Conseil d’état espérait peut-être faire passer la pilule moyennant quelques propositions de micro-compensations et aménagements.
Les syndicats ne s’y trompent pas. Ils refusent de se contenter d’une politique salariale au rabais qui péjore la situation salariale de la majorité des collaborateurs de l’état et qui, rappelons-le, aura des conséquences pour tous les secteurs publics et parapublics du canton.
Les syndicats dénoncent par ailleurs la politique de rétention d’information du Conseil d’état, qui ne respecte pas les règles du partenariat social. Alors qu’ils avaient demandé à disposer des données chiffrées avec suffisamment d’anticipation pour être à même de se préparer à la réunion de ce jour, les syndicats ne les ont reçues que la veille, les contraignant à se positionner dans l’urgence.
rappel. En 2014, le Conseil d’État a décidé unilatéralement d’abolir le système de progression salariale en vigueur et l’a remplacé par un dispositif transitoire qui a permis à l’État de réaliser 6 millions de francs d’économies en deux ans. Cette décision, prise au moment même où le gouvernement annonce vouloir négocier une nouvelle grille salariale pour la fonction publique, fâche les syndicats. Malgré ce climat peu propice, ces derniers acceptent d’entamer un dialogue avec les autorités. Mais à fin 2015, le projet proposé par le Conseil d’État est rejeté, car il engendre une baisse notable du salaire de carrière pour toutes les catégories d’enseignants, des baisses importantes pour les basses classes de l’administration et une revalorisation des hautes classes.
À la suite d’une importante mobilisation de la fonction publique en décembre 2015, le Conseil d’État a proposé aux syndicats, début janvier 2016, de transformer le groupe «consultation» en un groupe «élaboration» chargé de faire des propositions concrètes. Mais au mois de mars, le gouvernement les informe qu’il refuse toutes les propositions syndicales, sans autre contreproposition qu’un retour au schéma de novembre 2015 rejeté par tous les syndicats, à l’exception de quelques minimes compensations pour les enseignants (mais pas pour l’administration) qui seront très loin de compenser les pertes.
Les syndicats se sont heurtés à une fermeture complète du Conseil d’État. Ce dernier est donc responsable de la rupture du dialogue. Les syndicats se demandent même si, en mettant sur pied un groupe « élaboration» alibi, le gouvernement n’a pas simplement cherché à gagner du temps suite à des décisions douloureuses déjà arrêtées.
Débrayage d’information. La priorité est désormais à la mobilisation. Le mardi 31 mai, l'assemblée générale extraordinaire du SSP – Région Neuchâtel a confirmé à l'unanimité le rejet du projet de réforme salariale. Le lundi 20 juin à 18 h 30, l’ensemble des syndicats de la fonction publique appellent à une assemblée de mobilisation.
Le mardi 7 juin, le SSP organisera un débrayage au cours de la pause de 10 h, dans les écoles et dans les services de l'administration. Objectif: informer le plus largement possible sur les conséquences de la réforme salariale. Une liste des employés s'engageant à se mobiliser contre le projet du gouvernement sera diffusée.
