Renseignements pris, 42 élèves sortant de la section moderne (MO) se sont vu refuser l’admission en préapprentissage, voie orientation (PO) [1] à l’ESTER – CIFOM, soit uniquement dans le Haut du canton. Sur au total 193 élèves inscrits à l’ESTER – CIFOM pour suivre une formation de préapprentissage, ce pourcentage alarmant de refus (21,8%) inquiète le syndicat au plus haut point.
A noter également qu’à ce jour, 107 élèves des Montagnes neuchâteloises provenant de la section préprofessionnelle (PP) ont été admis en PO dans cinq classes seulement, soit une moyenne de 21,4 élèves par classe. Ceci alors que le nombre d’élèves par classe de PO est traditionnellement plafonné à 15 pour répondre au mieux aux besoins de ces jeunes confrontés à des difficultés scolaires. A cette forte demande s’ajoute également chaque année une augmentation des inscriptions à Job Service [2], au SEMO [3] (semestre de motivation) et à Projet+ [4].
Malgré l’appel de la direction de l’ESTER – CIFOM pour ouvrir une classe supplémentaire en PO, le Département de l’éducation et de la famille (DEF) a refusé d’entrer en matière. Le SSP interprète cette décision comme un refus du Département d’admettre que la politique de dualisation de la formation comporte aussi des ratées. Pour rappel, dans le but de limiter les formations professionnelles en école à plein temps, le DEF a supprimé la formation PCO (filière CFC de commerce modèle intégré en école à plein temps) et a régulé drastiquement le nombre de places pour le certificat de culture générale en école à plein temps (la formation a même été supprimée à l’ESTER – CIFOM à La Chaux-de-Fonds).
Le syndicat déplore que ce changement de paradigme dans la formation, qui a surtout pour but de faire des économies, se fasse prioritairement au détriment des élèves. Alors que les taux de chômage et d’aide sociale cantonaux sont très élevés, le SSP s’insurge contre les mesures d’économies dans le domaine de l’éducation, qui constituent un calcul à très court terme.
Lors de la session du Grand Conseil du mois de juin, le député Fabien Fivaz, qui partage nos inquiétudes, a demandé à la cheffe du Département ce qu’il adviendra des élèves de 11eH MO qui, pour la première fois, au vu de l’explosion du nombre d’inscriptions, se sont vu refuser leur inscription à l’ESTER – CIFOM. La réponse confuse de la cheffe du Département, qui a toutefois reconnu la situation, n’est absolument pas satisfaisante au vu de la gravité de la situation. Si elle a annoncé la tenue d’une séance le 6 juillet avec l’ensemble des élèves sans solution du canton, elle n’a pas donné de solutions concrètes pour sortir de cette situation critique.
A cette problématique s’ajoute une régulation en maturité ASSC (assistant-e en soins et santé communautaire) due au nombre insuffisant de places de stages disponibles. Vingt-quatre élèves de 11eH maturité (MA) (14) et de MO (10) se sont vu refuser l’accès à cette formation alors qu’ils remplissaient les conditions d’admission. Une partie de ces élèves se dirigera probablement vers une maturité académique, mais alors que l’Etat ne cache pas sa volonté de limiter le nombre d’élèves dans les lycées, on peut légitimement s’étonner de cette situation.
Par ailleurs, le SSP craint que la situation ne se péjore encore à la rentrée scolaire 2018 étant donné que le Département a d’ores et déjà annoncé qu’il limitera à cinq le nombre de classes en maturité professionnelle commerciale sur l’ensemble du canton (1 à La Chaux-de-Fonds et 4 dans le Bas du canton), alors qu’il y avait encore 15 classes en 2008.
Ainsi, dans l’immédiat, le SSP demande au DEF de faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer que les jeunes libérés de l’école obligatoire à fin juin et qui sont actuellement sans solution trouvent d’ici la rentrée scolaire une formation qui leur convienne. Il appelle également le DEF à renoncer à supprimer des formations en école tant que des solutions alternatives solides et crédibles ne sont pas mises en place.
[1] Année composée de stages et de cours visant à orienter les élèves vers un apprentissage
[2] Fondation d’utilité publique qui accompagne les jeunes de 15 à 30 ans dans leur parcours d’insertion professionnelle
[3] Un semestre d’école pour les élèves sans solution
[4] Cours ayant pour objectif de soutenir les étudiants et apprentis en situation de non promotion dans les écoles à plein temps de secondaires 2 qui doivent quitter définitivement leur formation, ainsi que ceux qui choisissent de renoncer de leur plein gré
