Inégalités salariales : ça suffit!

de: Collectif neuchâtelois pour la grève féministe, SSP et Unia

Communiqué de presse du 21 octobre 2019

Aujourd’hui 21 octobre 2019, nous salariées vivant en Suisse serions toutes en droit de réclamer notre salaire jusqu’au 31 décembre 2019 sans plus travailler du tout. Ainsi serions-nous payées à égalité avec les hommes qui eux touchent, pour un travail de valeur égale, en moyenne 20% de plus que nous. Et cela sans compter le travail ménager et d’éducation non rémunéré, essentiellement accompli par les femmes. Un travail évalué par l ‘OFS à 374 milliards par an !

En clair, d’ici le 31 décembre nous aurions droit, pour être à égalité avec nos collègues masculins, à 71 jours de congé. C’est énorme. Et d’autant plus scandaleux que c’est totalement illégal, puisque la loi, elle, est claire : pour un travail de valeur égale, il faut que les hommes et les femmes touchent un salaire égal.

Dans tous les secteurs, les femmes sont les grandes perdantes. La campagne « Women want more » du syndicat Unia vise à revaloriser les bas salaires dans les branches où les femmes sont plus nombreuses, soit la vente, la coiffure, le nettoyage, l’hôtellerie et les soins. 10 milliards sont ainsi volés aux femmes chaque année.

Dans le secteur public et parapublic, le Syndicat des Services publics (SSP) dénonce les mesures d’austérité qui se succèdent. Elles sont largement supportées par les femmes qui se substituent gratuitement à l’Etat lorsqu’il coupe dans ses prestations à la population. Elles sont aussi les premières précarisées par les externalisations de services comme les buanderies, le nettoyage, les cuisines ou encore les crèches. Le SSP demande, entre autres, le renforcement des services publics, une revalorisation des métiers « féminins », leur décloisonnement, ainsi que la promotion des femmes aux postes à responsabilités.

Le Collectif féministe pour la grève -qui regroupe les associations féministes, les syndicats et des femmes individuelles- insiste sur l’importance et l’urgence d’imposer un contrôle dans toutes les entreprises et des sanctions pour toutes celles qui violent la loi.

Lundi 21 octobre, les Neuchâteloises ont pris place sur 71 chaises et chaises-longues posées à côté de la Fontaine de la Justice pour protester contre cette injustice qui perdure depuis des décennies. Des actions analogues ont eu lieu dans toute la Suisse pour avertir le nouveau Parlement, fraîchement élu, que la patience des femmes est à bout et qu’elles ne lâcheront rien.