En 2020 déjà, une première baisse de ces cotisations de 5,2 points à 3,8 points avait permis aux
collectivités publiques et aux autres employeurs aAiliés à la CPCN de réaliser des économies
substantielles. Pour l’instant et tant que la recapitalisation de la caisse est en cours, le Conseil
d’administration (CADM) de la CPCN refuse toute indexation des rentes et celles-ci, cumulées
aux rentes AVS, ne suAisent parfois pas à couvrir le coût de la vie. Or les prix des loyers et des
primes d’assurance-maladie notamment ont augmenté : si les rentes sont insuAisantes, bon
nombre de retraité·es seront contraint·es de recourir à l’aide sociale. Cela à l’encontre des visées
premières du système de rente qui veut qu’une personne retraité·e puisse toucher au minimum
60% de son revenu antérieur au moment de la retraite, AVS et prévoyance professionnelle
cumulées – sans parler du fait que l’AVS ne remplit même pas son mandat constitutionnel.
Encore une fois, on joue les actives et les actifs contre les retraité·es, et encore une fois on préfère
assurer les intérêts de l’État plutôt que les rentes des assuré·es dans un système de prévoyance
professionnelle qui fait supporter l’entièreté du risque boursier sur les assuré·es. Or, le Grand
Conseil n’a pas accepté un compromis proposé par le SSP qui aurait passé tout ou partie des
deux points de cotisation de recapitalisation en points de cotisation ordinaire et permis de
d’augmenter les avoirs de retraites. En outre, ce basculement n’aurait strictement rien coûté à
l’État.
Cette solution aurait également permis d’améliorer l’attractivité de l’État et des institutions
aAiliées à la CPCN, selon l’idée qui veut que la perspective de bonnes conditions de travail et de
bonnes rentes attire le personnel et l’amène ensuite à rester dans le canton, ce qui permet
d’améliorer la situation budgétaire de l’État et de maintenir des services publics forts. En somme,
un cercle vertueux. La mesure prise par nos autorités, additionnée notamment aux mesures
d’austérité prises par la Confédération, ne permettra certainement pas d’améliorer la situation
des assuré·e·s de la caisse, et de manière plus générale de la population.
