Le SSP, qui réclame de longue date un bilan de la réforme du cycle 3, salue le lancement d’une évaluation des politiques publiques sur le sujet

Le SSP salue la décision de la sous-commission de gestion et d’évaluation du Département de la formation, des finances et de la digitalisation (SCOGES-DFFD) de lancer une évaluation des politiques publiques (EPP) portant sur le cycle 3 de l’école obligatoire du canton de Neuchâtel. Le SSP, qui demande depuis des années – sans succès – à la cheffe du Département de la formation, des finances et de la digitalisation (DFFD) un bilan de la réforme du cycle 3 prenant l’avis du corps enseignant et a effectué un long travail de sensibilisation auprès des député-e-s concernant les problématiques liées à la réforme du cycle 3, se réjouit donc tout particulièrement que l’ensemble des acteurs concernés soit associé aux travaux d’investigation et de réflexion.

La section enseignement du Syndicat des services publics – Région Neuchâtel (SSP-RN) salue la décision de lancer une évaluation des politiques publiques (EPP) portant sur les effets de la réforme du cycle 3 et sur une évaluation de sa mise en œuvre au regard des objectifs fixés. Outre le fait que cette étude sera réalisée par un organisme indépendant, le SSP adhère aux axes choisis pour cette évaluation, qui rejoignent les revendications de longue date, à savoir :

  • Vérifier si la réforme permet effectivement d’atteindre les objectifs fixés initialement
  • Identifier et éventuellement recommander des pistes d’amélioration du dispositif en place
  • Analyser la réforme sous l’angle de l’égalité des chances entre élèves

Le SSP se réjouit aussi que le nouvel outil d’évaluation des politiques publiques introduit récemment soit utilisé pour la première fois pour effectuer l’évaluation de la réforme du cycle 3. Cela démontre que le travail de longue haleine réalisé par le SSP pour faire prendre conscience aux député-e-s des problématiques créées par cette réforme a été entendu et a porté ses fruits. En revanche, le SSP ne peut que regretter le manque d’ouverture et d’écoute de la cheffe du Département, qui n’a jamais pris position sur nos demandes et les a tout simplement ignorées, alors que l’initiative aurait dû venir d’elle. Le sentiment est que le Département est déconnecté de la réalité du terrain et n’entend pas les appels qui en émanent.

Pour rappel, la réforme du cycle 3 (enseignement à deux niveaux pour les disciplines principales et un enseignement commun pour les autres disciplines) introduite en 2015 avait pour objectifs principaux de :

  • Valoriser les élèves de l'ensemble des sections ;
  • Renforcer les compétences de l'ensemble des élèves du cycle 3 ;
  • Diminuer les redoublements sur l'ensemble du cycle 3 ;
  • Améliorer la motivation des élèves, notamment par la constitution de profils plus individualisés ;
  • Favoriser l'orientation des élèves tant au cycle 3 que dans les formations post-obligatoires ;
  • Développer des équipes pédagogiques entre les enseignants.

Or, il s’avère que la plupart de ces objectifs ne sont pas remplis. La réforme du cycle 3 a même contribué à générer des problématiques supplémentaires qui font obstacle à la réalisation de ces objectifs. Les difficultés principales rencontrées naissent de deux problématiques majeures et connexes : l’éclatement du groupe classe, qui ne permet pas de cultiver un accompagnement pédagogique et relationnel de qualité ; la structure même du système, qui ne permet toujours pas de renforcer les compétences des élèves, n’améliore pas leur motivation et ne les valorise pas.


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18.03.2025 Le SSP, qui réclame de longue date un bilan de la réforme du cycle 3, salue le lancement d’une évaluation des politiques publiques sur le sujet PDF (172,1 kB)