Près de 2500 signatures en faveur d’une réforme urgente du système scolaire mieux adapté aux besoins des élèves

Lancée par des enseignant.e.s préoccupé.e.s par l’avenir de l’école obligatoire neuchâteloise, la pétition « Urgence d’une réforme pour un système scolaire plus adapté aux besoins des élèves » a été déposée ce mercredi 11 février munie de près de 2500 signatures. Les signataires attendent désormais du Grand Conseil et du Conseil d’État qu’ils prennent rapidement des mesures pour améliorer durablement une situation devenue intenable !

Lancée par un groupe d’enseignant.e.s très préoccupé.e.s par l’avenir de l’école obligatoire neuchâteloise, et soutenue par le Syndicat des services publics – Région Neuchâtel (SSP-RN), cette pétition se veut un cri d’alarme adressé aux autorités politiques cantonales, tant l’ensemble du système scolaire est sous pression et la situation intenable. Elle demande des mesures urgentes pour adapter l’école aux besoins des élèves et obtenir des moyens pour pallier le manque de structures et de ressources pour accompagner les enfants à besoins éducatifs particuliers.

Les pétitionnaires dénoncent une inclusion scolaire devenue excessive, sans soutien suffisant et adapté pour accueillir les enfants ; un écart entre les principes affichés – le bien des élèves au centre – et la réalité quotidienne des écoles ; des programmes scolaires qui se sont alourdis sans moyens supplémentaires ni augmentation du temps d’enseignement ; des attentes trop importantes face à l’école à qui on demande de porter seule tous les défis de notre société.

A vu de ce constat, les signataires demandent notamment une diminution du nombre d’élèves par classe et une pondération des effectifs de classe en fonction des besoins des élèves à besoins particuliers ; un développement du co-enseignement sans augmentation de effectifs et avec des personnes titrées ; davantage de soutien pour les élèves en difficulté avec des enseignant.e.s formé.e.s ; le maintien et l’ouverture de nouvelles classes de formation spécialisé.

Les enseignant.e.s présent.e.s ont témoigné de leur réalité quotidienne dans les classes.

En 1ère année, des élèves arrivent à l’école sans savoir s’habiller, aller aux toilettes, tenir un crayon, des ciseaux ou de la colle. Certains n’ont jamais vu un livre, arrivent en poussette, n’ont aucun vocabulaire – alors qu’ils sont francophones – et ne savent parfois pas comment ils s’appellent. D’autres n’ont jamais eu de contact avec d’autres enfants et sont complètement perdus car ils n’ont aucun code social et ne savent pas gérer leurs émotions, ce qui crée un environnement stressant pour les autres élèves et ingérable pour les enseignant.e.s.

A cela s’ajoute un nombre toujours plus important d’enfants aux besoins particuliers (troubles du spectre autistique, de l’attention, de la personnalité, du comportement ou des troubles spécifiques de l’apprentissage ; handicaps mentaux, cognitifs, physiques, moteurs ou sensoriels ; hyperactivité, retard mental ; etc.) intégrés dans les classes régulières sans encadrement adéquat ni formation suffisante des enseignant.e.s.

Il n’est par ailleurs pas rare que des enseignant.e.s soient blessé.e.s ou atteint.e.s dans leur santé (coups, chute dans les escaliers, nodules sur les cordes vocales, perte de cheveux, etc.) dû aux situations parfois dangereuses auxquelles ils font face avec leurs élèves.

Quant aux élèves dits « ordinaires » dont la proportion diminue, ils ne bénéficient plus de l’attention, du soutien et de la stabilité dont ils ont besoin, les enseignant.e.s étant de plus en plus mobilisé.e.s pour pallier les dysfonctionnements du système, au détriment de l’ensemble des élèves.

Cette réalité constatée dans les petits degrés perdure et souvent s’aggrave dans la suite du cursus scolaire. Au cycle 2, puis au cycle 3, les enseignant.e.s sont également confronté.e.s à des difficultés croissantes, faute de moyens suffisants et adaptés à l’évolution des profils de certains élèves accueillis dans les classes régulières, ce qui rend la mission des enseignant.e.s de plus en plus compliquée, pour ne pas dire impossible :

  • des élèves qui accumulent plusieurs années de retard dans leurs acquisitions, pour lesquels le programme est adapté mais qui poursuivent leur cursus avec quelques périodes d’aide en classe seulement ;
  • des élèves qui présentent des troubles sévères du comportement, pour lesquels des mesures tardent à être mises en place ;
  • des élèves qui peuvent faire des « crises » et aller jusqu’à casser le mobilier de la classe ou qui doivent être contenus ou isolés ;
  • des élèves qui ont des comportements inadaptés (violence envers les autres élèves ou les enseignant.e.s, manque de respect, harcèlement, ...), pour lesquels l’intervention de la police est parfois nécessaire au sein même des collèges ;
  • des élèves qui ont différents troubles (attention, hyperactivité, TOC, etc.) et qui se retrouvent en difficulté dans ces contextes ;
  • des élèves qui développent des phobies scolaires ou des troubles similaires, les empêchant de venir en classe périodiquement et qui auraient besoin d’un environnement rassurant et stable ;
  • et tous les autres, qui ont des profils particuliers et dont les enseignant.e.s tentent de prendre soin au quotidien malgré un manque de moyens criant.

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11.02.2026 Communiqué presse dépôt pétition "Urgence d'une réforme pour un système scolaire plus adapté aux besoins des élèves" PDF (172,1 kB)
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20.11.2025 Pétition "Urgence d'une réforme pour un système scolaire plus adapté aux besoins de élèves" PDF (146,9 kB)