Le “Programme fédéral d’allégement budgétaire 2027” vise à démanteler les services publics et parapublics, avec des coupes massives dans l’éducation, le soin, les politiques environnementales, l’enfance, l’immigration et d’autres secteurs. Dans les hautes écoles cela se traduit par un doublement des taxes d’études, voire un quadruplement pour les étudiant·e·x·s étranger·ère·x·s dans certains établissements. Des grandes coupes dans la recherche sont également prévues, ce qui implique la suppression du financement d'environ 500 projets de recherche et la suppression d'environ 1500 postes. Loin d’un allégement pour la population, il s’agit d’une mesure qui redistribue les richesses vers ceux qui les détiennent déjà, et ceci avec l’unique but d’investir encore plus d'argent dans l'armée suisse et la recherche militaire.
Plus d’une septantaine de personnes ont participé au rassemblement qui avait pour but d'interpeller les député·e·x·s cantonaux·les afin de leur demander de compenser les coupes, afin de qu’elles n’engendre pas de hausse des taxes, et de renforcer les services publics au niveau cantonal. C’est un signal fort envoyé envers les députés cantonaux de s’opposer à cette offensive néolibérale contre les services publics.
La coalition rappelle que si ces mesures d’austérité sont adoptées et que le canton ne décide pas d’absorber les coupes budgétaires, certain·e·x·s étudiant·e·x·s ne pourront plus se permettre de poursuivre leur cursus universitaire et la qualité de la recherche et de l’enseignement se verra grandement compromise.
Augmenter les taxes d’étude signifierait discriminer les étudiant·e·x·s en fonction de leur nationalité, ainsi que compliquer encore davantage l’accès aux universités suisses à des personnes qui n’en ont déjà qu’un accès limité. L'éducation est un service public, pas un investissement individuel.
Sarah, UniNE contre l’austérité
Étudier devrait être un droit et non pas un privilège. La coalition demande des services publics dotés de moyens et une éducation accessible, gratuite et de qualité. Elle rejette toute coupe budgétaire dans les secteurs publics, notamment dans la recherche, et toute hausse de taxe d’étude. De plus, elle veut questionner la légitimité des taxes d’études et entrer en lutte contre la conception actuelle de l’enseignement supérieur.
La logique néo-libérale tend à considérer les études comme un investissement individuel : les étudiant·e·x·s sont des consommateur·ice·x·s, parfois contraint·e·x·s de s’endetter,mais supposément « remboursé·e·x·s » plus tard par une plus-value de salaire que représente leur futur diplôme. Les contributions immédiates des étudiant·e·x·s à la société ne sont pas prises en compte et les moyens déployés pour faire face à la précarité sont principalement cantonnés à la sphère privée (augmentation de l’amplitude des études, cumul travail/études, endettement, etc). Cette logique de mérite renforce les inégalités de classes, d’origine et de milieu social existantes. L’effort que doivent produire les personnes précaires, étrangères et qui subissent les oppressions systémiques pour avoir accès aux études est bien plus grand que celui des personnes privilégiées au sein de notre société. Et cela au détriment de leur santé mentale et physique.
Face à cette logique injuste, la coalition revendique aujourd’hui non seulement l’abolition des taxes d’études, mais aussi un salaire étudiant. Afin que la contribution des étudiant·e·x·s, au travers des travaux de recherche, de la production de richesses intellectuelles et sociales soit reconnue et valorisée.
Ces coupes auront un impact sur la qualité de la recherche et de l’enseignement à l’Université de Neuchâtel et donc sur notre capacité de former des citoyennes et citoyens critiques. Nous en avons besoin pour affronter le changement climatique, l’accroissement des inégalités, les nouvelles technologies en main de quelques milliardaires, etc. Le corps intermédiaire c’est la majorité des employées de l’Université, moins nombreux que les étudiant·e·x·s, mais plus nombreux que les employé·e·s administratifs et le professorat. Avec notre précarisation, c’est les missions de toute l’Université qui deviendront plus fragiles.
Lisa Stalder, ACINE
La coalition souhaite aussi porter des revendications plus larges. À l’heure où la lutte contre la crise climatique est un enjeu central pour notre avenir, à l’heure où le travail reproductif, dans le domaine des soins, de l’enfance, du social, est déjà fragilisé au détriment d’un logique productiviste et injuste qui exploite le vivant, à l’heure où les femmes et minorités de genre qui réalisent majoritairement ce travail-là dans des conditions déjà pénible sont continuellement mises sous pression, le plan d’austérité fédéral vient saper toute avancée progressiste et hypothèque notre avenir en désossant toujours plus les services publics.
Il faut changer de paradigme et revaloriser le travail reproductif, créer et renforcer les pratiques de soin envers les vivants et la planète.
UniNE contre l'austérité
Fédération des étudiant.e.s neuchâtelois.e.s (FEN)
Association du corps intermédiaire de l'Université de Neuchâtel (ACINE)
Syndicat des services publics (SSP)
Jeunes POP
Actions étudiantes durables (AED)
Association anti-impérialiste étudiante (AAIE)
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| 04.03.2026 | Communiqué presse "Rassemblement au Château et mobilisations à l'UniNE dans le cadre de la semaine d'action contre le plan fédéral d'austérité" | PDF (325,2 kB) |
