NON à la hausse des écolages

de: Léa Ziegler, campagnes jeunes

Par un arrêté, le Conseil d'Etat neuchâtelois augmente les écolages des écoles supérieures. Le SSP conteste cette décision et rappelle que l’école publique n’a pas pour mission d’être - à fortiori - une composante économique, mais bien d’instruire l’ensemble de la population sans discrimination et ainsi maintenir les compétences au sein de notre canton.

Communiqué de presse

Alors même qu’il projette une baisse de la fiscalité tant pour les personnes physiques que pour les entreprises, tout en cherchant à rétablir les finances du canton par des mesures qui touchent avant tout les prestations et la fonction publique, le Conseil d’Etat neuchâtelois publie un arrêté qui double les écolages des écoles supérieures (ES) à plein temps et fait passer les examens fédéraux et fédéraux supérieurs de la gratuité à 3200.- .

Le Syndicat des Services Publics (SSP) s’oppose fermement à ces augmentations lourdes de conséquences, qui reportent une fois de plus la note sur les personnes les plus précaires de notre canton, cette fois-ci les étudiants.

Pour le SSP, cette décision met en outre en péril le fonctionnement, voire la pérennité même des écoles supérieures neuchâteloises. Certes, certaines filières existent aussi en cours d’emploi, mais les lieux de pratiques sont denrée rare et ne répondent pas à l’ensemble de la demande.

Une formation telle qu’Education de l’Enfance (EDE), qui, elle, n’existe qu’à temps plein, risque de pâtir lourdement de ces hausses, voire même de disparaître : des écoles similaires s’implantent en effet dans les cantons voisins en raison d’une forte demande de la profession. Ces écoles bénéficient de la mobilité intercantonale des étudiants et exigent des écolages bien moins élevés (de 720 à 1000.-, contre 2000.- pour Neuchâtel). Or l’EDE n’induit pas de frais d’exploitation très élevés ; ses écolages actuels et les contributions des cantons voisins pour leurs étudiants qui s’y forment contribuent aujourd’hui à financer les filières techniques, bien plus onéreuses.

Enfin, l’on sait bien que bon nombre d’étudiants finissent par s’établir dans le canton où ils ont effectué leur formation. Alors même que l’Etat de Neuchâtel cherche à attirer de nouveaux contribuables, il pousse ailleurs ses étudiants, dans lesquels il a investi durant des années, sans parler des enseignants, qui iront exercer leur profession dans les cantons voisins.

Le Conseil d’Etat prétend préférer cette hausse des écolages à la fermeture pure et simple de ses écoles supérieures. Aux yeux du SSP, l’un entraînera inévitablement l’autre.

Le SSP demande donc que lesdites dispositions soient retirées de « l’arrêté concernant les écolages dans les écoles publiques du canton » et que le renforcement des filières en dual, louable en soi, ne se fasse pas au prix de telles mesures contreproductives.

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